Le temps vous manque de lire notre dernier rapport ?

Le temps vous manque ? Voici l’ABC de notre dernier rapport sur la tarification de la congestion

Villes durables

Le tout dernier rapport de la Commission de l’écofiscalité préconise des projets pilotes de tarification de la congestion dans les grandes villes canadiennes. Et si vous n’avez pas le temps de le lire, voici un aperçu de ses conclusions.

Intitulé Circulation fluide en vue : tarifer la congestion routière pour mieux la combattre, notre rapport décrit les avantages économiques de la tarification de la congestion, présente des études de cas sur des expériences menées à l’étranger, et examine quels moyens d’action permettraient aux grandes villes de réduire les embouteillages. Sa principale conclusion : les Canadiens étant peu familiers de la tarification de la congestion, nous devons commencer par des essais à petite échelle.

Congestion routière info

La congestion routière coûte de plus en plus cher aux Canadiens

Une évidence : la congestion routière nous coûte très cher. Pour tous les navetteurs, elle est source de temps perdu et d’exaspération. Elle ajoute au coût du transport des marchandises et fait augmenter leur prix. Elle accroît la pollution et les coûts des soins de santé qui en découlent. Et plus nos villes se développent, plus la congestion s’aggrave.

Congestion routière

La tarification de la congestion est la pièce manquante – mais essentielle – de la solution au problme

Alors, que faire au juste ? À elle seule, l’expansion des infrastructures de transport échoue généralement à réduire la congestion à long terme. Car en construisant de nouvelles routes, on attire souvent un plus grand nombre d’automobilistes, ce qui relance bientôt la congestion.

Mais on change la donne en intégrant à un ensemble de mesures des outils de tarification de la congestion comme les voies tarifées réservées au covoiturage (voies HOT). On incite alors les conducteurs à choisir d’autres modes de transport ou à se déplacer à d’autres moments de la journée. L’espace routier est limité, et la tarification modifie en conséquence les incitations à conduire. Résultat : elle accroît l’efficacité des nouvelles infrastructures et de l’expansion du transport en commun. Bref, elle améliore la mobilité de tous.

La tarification de la congestion réduit efficacement la circulation

L’expérience de plusieurs villes illustrer le fonctionnement de la tarification tout en fournissant des leçons sur la conception de politiques efficaces. Les cinq études de cas de notre rapport confirment que différents mécanismes permettent de réduire la congestion :

  1. Tarification à usage unique — Autoroute express à péage 407. Première autoroute en accès libre à péage entièrement électronique au monde, l’autoroute 407 de l’Ontario a démontré que la tarification de la congestion peut être efficace au Canada, et que les technologies ne sont plus un obstacle à la perception électronique.
  2. Voies tarifées réservées au covoiturage (voies HOT) — Système MnPASS. Le Département des transports du Minnesota a créé en 2005 l’un des premiers réseaux de voies HOT à péage dynamique, qui permet aux conducteurs uniques de rouler sur les voies de covoiturage moyennant un certain tarif. Cette réussite montre qu’on peut fluidifier la circulation sur les voies HOT et les voies gratuites.
  3. Tarification par zone — Péage au centre-ville de Stockholm. En 2006, Stockholm a installé un péage variant selon l’heure pour circuler au centre-ville, ce qui a permis de réduire la congestion et la pollution. D’abord opposés à sa mise en application, les citadins ont finalement voté en faveur de son maintien.
  4. Tarification par distance parcourue — Projets pilotes en Oregon. En remplacement de la taxe sur l’essence, l’Oregon a mis en place des tarifs variables par kilomètre parcouru : la circulation diminuait aux heures de pointe, période où les tarifs étaient plus élevés.
  5. Tarification du stationnement — Projet pilote à San Francisco. Le va-et-vient des automobilistes en quête de stationnement causait beaucoup de congestion au centre-ville. En modulant les tarifs de stationnement selon la demande, San Francisco a pu réduire cette congestion. En 2013, Calgary a mis en application une approche semblable.
Apprendre d'avantage les cinq moyens de combattre la congestion

Le mode de tarification doit tenir compte des caractéristiques uniques de chaque ville

Les détails des politiques de tarification doivent être conçus selon les caractéristiques et besoins de chaque ville. L’approche idéale pour l’une pourra se révéler inefficace pour l’autre. Au moins quatre éléments doivent être pris en compte : la situation géographique de chaque ville, ses infrastructures, son mode de gouvernance et sa culture.

Notre rapport propose des options pour les quatre principales villes du pays. Il ne s’agit pas de recommandations fermes, mais bien de propositions visant à lancer un débat approfondi :

  • Grand Vancouver : En raison de ses nombreux pôles d’activité et de son territoire géographique délimité, l’application de péages variables à tous les ponts de la région permettrait de tarifer l’accès aux principales artères et de réduire la congestion régionale.
  • Calgary : Cette ville de faible densité se caractérise par des problèmes de congestion plus localisés, ce qui ferait des voies HOT une option très pratique pour réduire la congestion.
  • Grand Toronto : Étant donné ses nombreux pôles d’activité et son territoire géographique assez peu restreint, l’une des meilleures approches serait de convertir en voies HOT des voies de covoiturage, ou d’aménager de nouvelles voies HOT sur les autoroutes provinciales de la série 400.
  • Grand Montréal : Le périmètre naturel formé par l’île de Montréal se prête bien à l’application de péages variables et harmonisés à tous les ponts qui ceinturent la ville, ce qui contribuerait à réduire la congestion dans l’ensemble de région.

Faisons des essais de tarification de la congestion dans les principales villes du pays

Les Canadiens sont peu familiers de la tarification de la congestion, et il est parfaitement compréhensible qu’ils veuillent en faire l’expérience avant de l’adopter. C’est pourquoi la Commission de l’écofiscalité recommande de mettre en place des périodes d’essai dans plusieurs villes du pays, pour en déterminer l’efficacité concrète. Les provinces devront collaborer à ces projets pilotes, car les routes municipales relèvent souvent de leur compétence. Ottawa devrait aussi y participer en contribuant à leur financement, puisque les leçons apprises des projets de chaque ville serviront à toutes les autres, et que la réduction des coûts de la congestion du transport commercial peut réduire le prix des biens et services pour tous les Canadiens.

La congestion n’est pas seulement la bête noire des Canadiens, elle leur impose des coûts majeurs. Et l’expansion de nos villes ne fera qu’aggraver le problème. D’où l’urgence de politiques cohérentes et judicieuses. La tarification de la congestion n’en fait pas encore partie, mais c’est pourtant elle qui résoudra le casse-tête de notre mobilité urbaine. Lire tous les détails dans notre rapport !

Lire le rapport : Circulation fluide en vue

 

Visionner notre série de vidéos : Coincé dans un embouteillage avec un économiste

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